Malheureusement, ça ne loupa pas, et le soir même, je me retrouvai chez Knock. C'est le surnom que j'avais donné à mon médecin. C'était un homme d'une cinquantaine d'année qui était apprécié de tous. Il était très vif et très intelligent. doué d'une patience hors du commun, il prenait le temps d'écouter chaque patient avant de procéder à son examen, et ceux sans poser aucune question susceptible de changer les propos du malade.
“- Voyez-vous, avait-il un jour expliquer à ma mère, la façon dont un malade parle de sa douleur, si on ne cherche pas à l'orienter et si on ne l'importune pas avec des questions qui pourraient le déstabiliser, les mots qu'il emploie, le fait qu'il parle de son ventre avant que de parler de sa tête ou inversement, est très révélateur de ce qu'il a. Parfois même plus qu'un examen corporelle, le plus minutieux soit-il.”
Ca m'avait fit sourire comme histoire. Je ne trouvai pas ça marrant en fait, mais au contraire très intelligent. Un peu de psychanalyse dans la médecine ne pouvait pas faire de mal après tout. Je crois que je peux bien l'admettre, j'aimai bien le docteur Kutter. Je crois même qu'on aurait pu être ami s'il n'avait pas eu ce défaut majeur d'être médecin. Dommage. Je n'eus pas à attendre très longtemps pour être introduit dans le bureau du médecin en tout cas. C'était aussi un des avantage du docteur Kutter, il était toujours très ponctuel dans ses rendez-vous.
“- Docteur Kno ... euh Kutter, fis je lorsqu'il entra à son tour dans son bureau.”
Je me tortillai les mains et eu une moue gênée avant de m'asseoir. Le praticien fit le tour de son bureau et s'installa dans son fauteuil comme si de rien était. Il avait l'habitude que je l'appelle comme ça. La première fois que ça avait eu lieu, il avait eu l'air surpris. Puis, je ne sais trop par qui il avait appris qu'il s'agissait d'une pièce et avait entrepris de la lire. Il n'avait pas vraiment apprécié la comparaison. Il avait hurlé lorsque j'étais retourné le voir, conspuant que la médecine était une science dont on ne pouvait pas se moquer aussi impunément. La colère était ensuite retombé, aussi vie qu'elle était venu. Il m'avait alors souries et m'avait demandé ce qui n'allait pas, comme si les dix minutes qui avaient eu lieu juste avant n'avaient jamais exister. C'était là la raison pour laquelle Monsieur Kutter était aimé de tous. Il ne gardait jamais ranc½ur envers les gens. Ce qu'il n'aimait pas chez quelqu'un, il l'ignorait tout simplement, si bien qu'il aimait toutes les personnes qu'il rencontrait et que celle-ci ne pouvait que lui rendre la pareille.
Il se racla la gorge et me regarda avec un air interrogatif. Il m'avait sûrement poser une question pendant que je rêvassait.
“ - Euh ..., commençai-je.
- Il t'a demandé ce qui t'amenai ici, murmura une voix légère qui semblait porter par le vent et que le médecin n'avait pas l'air d'avoir entendu. Mens-lui, il ne doit rien savoir. fais-moi confiance.”
Oh non ! De pire en pire ! Des hallucinations auditives maintenant. Je crus que j'allais pleurer. Et pourtant je ne sais pas trop pourquoi, je choisis de suivre le conseil de la voix. C'était idiot, ça voulait dire que je m'étais déplacé pour rien, mais après tout, ces voix ne pouvaient signifié que deux choses : soit j'étais fou et je risquait gros à dire la vérité à mon médecin, soit elles étaient bien réel et il était stupide de ne pas les écouter. Et puis je devais bien reconnaître que j'avais envi de revoir les six inconnus. Quand on a eu le plaisir d'assister à un spectacle aussi beau, on ne souhaite qu'une chose, le revoir. Je sais, c'est bizarre de parler comme ça d'une personne, surtout d'une personne irréel et pourtant. Je m'étais attaché à ces créatures inventaient pas mon esprit. Inconsciemment, je souhaitai les revoir, et je craignais que de fâcher la voix eut pour conséquence de fâcher aussi les images. C'est étrange la façon dont on peut parfois éprouver un sentiment de dépendance envers quelque chose qui pourrait nous nuire. Comme si ça nous était devenu indispensable. Et bien c'était ce qui c'était produit. Mes hallucinations m'étaient devenu indispensable. J'inventai donc une autre cause à mon malaise, cause qui sembla satisfaire Knock. Il me fit une ordonnance en me conseillant beaucoup de repos et m'invita à quitter son cabinet. Je le suivis dans le couloir en le remerciant, un peu gêné de lui avoir menti de la sorte. Je restai un instant dans la petite salle d'attente afin de remettre mon manteau. Je quittai ensuite le cabinet. Dehors, la nuit était tombé. Pff ce rendez-vous avait gâché ma journée pour rien. Je commençai alors à avancer en direction de chez moi. Je n'habitai pas très loin de là, à une distance assez raisonnable en tout cas pour ne pas éprouver le besoin d'appeler mes parents une fois le dernier bus passé. Ca me rassura un peu. Après tout, si ma journée était terminé, la soirée elle, ne faisait que commencer. et elle paraissait très agréable. Après avoir traverser le parc qui faisait la fierté de ma petite ville, je passai dans une ruelle sombre. Le genre de ruelle qui pourrai servir de décor pour un film d'horreur. Peu de gens l'empruntait parce qu'elle les inquiétait. d'ailleurs pour ceux qui ne connaissait pas bien la ville, il s'agissait d'un cul de sac. En effet, la petite rue qui tournait sur la gauche au fond du chemin, était dissimulé par les murs de l'immeuble qui en faisait l'angle. Moi j'aimai bien ce lieu, il était un peu comme moi : sombre et solitaire. J'étais à mi-hauteur de la rue lorsque j'entendis une légère toux derrière moi. OK, cette fois j'avais peur. Je me retournai lentement pour voir qui était à l'origine du petit son. Je fus tout de suite rassuré en constatant qu'il s'agissait d'une femme tout à fait inoffensive. Elle était petite et avait un sourire timide sur les lèvres. Si ça se trouve elle aussi avait peur de moi en cet instant. J'étais grand, et elle craignait peut-être que je sois un voleur en quête de ma prochaine victime. En tout cas elle était très belle. Ses cheveux couleur de jais ondulaient le long de ses épaules parfaitement dessinée. “Cours, vite cours” hurla le souffle de mes hallucinations. Cette fois je choisis de l'ignorer royalement. Je n'allai pas cesser de vivre pour suivre les conseils idiots d'une voix dans ma tête, ça se serait apparenté à de la démence sinon. En fait j'étais frustré parce que j'avais écouter la voix quelques minutes plus tôt et je n'avais pas eu la récompense escompté, je ne les avais pas vu. Je boudai donc un peu. Et puis de toute façon à quoi bon courir ? D'abord s'eut été impoli. Ensuite, je ne risquai rien. Elle semblait tellement fragile, quel menace aurait-elle bien pu représenter ?
“- Je peux vous aider ? demandai-je. Vous souhaitez un renseignement peut-être ?
- Oh merci vous êtes très aimable. Je souhaite quelque chose en effet.
- Oui ?
- Vous !”
Soudain son sourire disparut, et son visage se durcit. Au même moment, comme répondant à un signal, cinq hommes sortirent de l'obscurité. Cette fois je reculai d'un pas. Pas dangereuse ? Carrément folle ouais. Mais quel crétin ! Pourquoi je n'avais pas écouté la voix ? Les cinq hommes se mirent à rire tout en s'approchant de moi avec un air mauvais. Je déglutis avec difficulté. Cette fois j'étais cuit, c'était clair. “Euh pardon je ne voulais pas vous déranger.” Je n'avais pas entendu la femme qui avait prononcé ces paroles. Elle en revanche avait tout compris de la situation. Sa voix révélait en effet une grande tension. Elle avait dû arrivé à la même conclusion que moi quant à mon destin. Je l'entendis courir. Les cinq hommes se tournèrent vers leur chef qui ordonna à l'un d'eux de rattraper la fille. Le corps d'un des hommes sembla alors traverser d'ondes et disparut; Il revint à peine une minute plus tard, tenant fermement le bras d'une femme. Je la reconnu immédiatement. C'était la femme du charcutier, madame Léonin. Elle me regarda avec un air inquiet et tenta de se dégager de la prise du malfrat. La peur était lisible sur son visage, plus blanc encore que ce qu'il était d'habitude. L'homme la jeta à terre.
“- S'il vous plait, murmura-t-elle. J'ai un petit bébé. Ne me faites pas de mal. laissez moi partir, je vous jure que je ne dirai rien à personne, jamais.”
Pour seul réponse, la petite brune claqua des doigts. Madame Léonin se mit à hurler comme secoué par des spasmes. Puis des flammes se mirent à lécher son corps. Elle hurlait, se tordait de douleur, se débattait mais ne pouvait rien contre l'incendie qui la consumait lentement. Mon dieu. C'était là le sort qu'on me réservait. Je frissonnai, la sueur collant à ma peau, les jambes grelottant et semblant incapable de tenir plus longtemps le poids de mon corps. mon c½ur battait à tout rompre. Je ne parvenais pas à stopper le flot de larmes qui coulaient le long de mes joues. J'aurai voulu courir lorsque les flammes avaient commencé à recouvrir le corps de la charcutière mais je n'avais pas réussir à faire le moindre mouvement. J'étais figé d'horreur. Rien ni personne ne pourrait me sauver. La brune machiavélique s'avança vers moi, prête à m'immoler. Je pouvais encore sentir la chaleur des flammes prêt de ma peau, à peine supportable. Une boule se forma dans ma peau, quand je réalisai que Madame Léonin était morte par ma faute. C'était tellement injuste. Ma mort n'était pas juste non plus mais je ne laissai rien derrière moi, je n'avais jamais aimé la vie. Madame Léonin, elle, insufflait la joie à toutes les personnes qu'elle rencontrait, son rire était tellement beau. il fallait que j'arrête de penser à elle. Il fallait que j'arrête de penser à moi. Peut-être que j'arrête de penser tout court. La brune s'approchait encore de moi..
- Ne le touche pas Maria.
Oh c'est pas vrai. Il fallait que je meurs avec mes hallucinations en plus. Ou plutôt il fallait que je meurs avec mes hallucinations auditives. J'aurai été ravi si j'avais pu revoir ne serai-ce qu'une fois l'une des six figures du matin, comme si un ange était venu me chercher. J'aurai éprouver un réconfort. Je sais c'est dément mais je vous dis ce que je ressentais sur l'instant. Être privé de l'image, n'avoir que le son, avait quelque chose de frustrant, de dérangeant. Et puis pourquoi ma tête inventait-elle un nom pour mon assassin ? Quoique une minute. La fille s'était figée. Il ne s'agissait pas d'une hallucination, elle l'avait bel et bien entendu comme moi. L'espace d'une seconde je pus même voir une vague de frayeur passer dans son regard. Une seconde seulement, juste le temps de se ressaisir. Elle regardait quelque chose derrière moi. C'était ça qui l'avait effrayé. J'hésitai un peu à me retourner. Et si elle en profitait pour me tirer dans le dos ? Je n'eus pas besoin de me retourner de toute façon. Un homme se matérialisa à mes côtés, et au regard que la fameuse Maria lui jetai, je compris que c'était lui qui avait réussi à l'inquiéter. Je mis un moment à reconnaître l'un des trois hommes du matin. Un large sourire se dessina sur mes lèvres. La peur n'avait pas disparut bien sûr, loin de là mais enfin. J'étais tout de même rassuré un peu. Pas quant à ma survie, je n'étais pas du genre à avoir des espoirs inutiles, mais quant à ma santé mental. Il existait vraiment ! Je n'étais pas fou !
- Non tu n'es pas fou Joe, marmonna-t-il comme s'il avait lu dans mon esprit. Ne t'inquiète pas, je t'expliquerai tout, mais pas main ...
[Il ne finit pas sa phrase. Une espèce de boule de flamme le frappa au niveau du ventre, le projetant contre le mur du fond. Mais au moment où son corps aurait du se fracasser sur la pierre, il sembla s'étirer, se dématérialiser et disparut. En moins d'une seconde il se retrouvai à nouveau à mes côtés, un léger sourire aux lèvres, comme si rien ne l'avait touché.] => cette partie sera bientôt modifié pour plus de réalisme et plus d'interêt.
- Voyons Maria, il en faut plus pour me vaincre. Hmm, c'est dommage d'en arriver à de tels extrêmes quand même tu ne crois pas ? Retourne donc chez toi. Tu ne gagneras pas ce combat, tu le sais très bien.
- Tu te surestimes un peu trop Damian ! Voyons, nous sommes cinq et ... tu es seul.
Elle ricana imité par ses cinq sbires. Ceux-ci l'encerclèrent alors, la protégeant de l'homme tellement sûr de lui. Mon c½ur accéléra encore sa course. J'avais l'impression qu'il allait quitter mon corps pour fuir de son côté. J'étais dans l'incapacité totale de me calmer. le petit sursaut de mon voisin ne m'aidait d'ailleurs pas à me calmer.
- Bien, ricanna-t-il. Je ne peux que constater l'évidence. Je suis impressionné d'ailleurs, je dois bien le reconnaître. Une garde, juste pour venir à bout d'un homme, quel courage !
[Il fit une petite grimace. Puis ses yeux roulèrent dans leurs orbites, comme s'il allait faire un malaise ou quelque chose comme ça. Au même moment, une force invisible rejeta nos assaillants dans le parc, une force contre laquelle ils n'avaient pas l'air de pouvoir résister. Une fois nos ennemis à bonne distance, l'homme à mes côtés baissa les bras, et ses yeux redevinrent normaux. Ce pouvait-il que ce soit lui qui ait contrôlé la force invisible ? Non. Enfin peut-être après tout. Je ne savais plus trop quoi pensée.] => cette partie sera bientôt modifié pour plus de réalisme et plus d'interêt.
- Donne moi la main Joe, nous partons. Je t'expliquerait tout une fois que nous serons à l'abris. Je sursautai en l'entendant prononcé mon nom. je le regardai une minute, réfléchissant à toute vitesse. Était-il vraiment mieux que les autres ? Il m'avait sauvé, ça c'était évident mais dans quel but ? ne souhaitait-il pas me tuer lui aussi ?